Oh! Shocking, ces anglicismes!

Je n’ai pas la prétention d’être une spécialiste de la langue. Mais je suis curieuse et j’aime partager mes découvertes. Lorsque je révise un texte, je constate que les mêmes utilisations impropres reviennent encore et toujours. Il ne s’agit pas ici d’une liste exhaustive, mais un simple relevé d’anglicismes et autres bizarreries qui reviennent souvent dans le paysage! Peut-être les utilisez-vous parfois aussi?

1. RENCONTRER DES OBJECTIFS
Rencontrez des clients pour ATTEINDRE vos objectifs, ce sera beaucoup plus facile! Calqué de to meet our goals.

2. ADRESSER UN PROBLÈME
Calqué de to address an issue. On va plutôt ABORDER ou CONSIDÉRER le problème, voire même le régler! On peut quand même adresser une lettre, adresser ses condoléances à quelqu’un et, à la forme pronominale, s’adresser à un public.

3. PAMPHLET / FLYER
Choisissez plutôt BROCHURE, DÉPLIANT ou même PROSPECTUS. En français, un pamphlet désigne un « petit écrit qui critique et attaque violemment quelqu’un ». Vous ne voulez pas faire ça, n’est-ce pas? J’en profite pour ajouter qu’au lieu de distribuer un flyer, on peut choisir TRACT ou FEUILLET.

4. PRENDRE UNE CHANCE
Une expression calquée directement de take a chance. On va TENTER ou COURIR sa chance ou bien PRENDRE UN RISQUE, selon le point de vue…

5. LES TROIS ALTERNATIVES POSSIBLES…
J’ai lu ceci dans un blogue récemment. Malheureusement, il n’y a qu’une alternative. C’est pile ou face. C’est recto ou verso. C’est l’un ou l’autre. C’est l’ensemble du choix. Il n’y a donc pas plusieurs alternatives, sauf en anglais, où alternatives signifie les deux termes de la polarité. Dans ce cas-ci, on aurait pu dire : Les trois choix possibles ou les trois solutions possibles, selon le sens qu’on veut donner. Comme le chantait Brassens dans « Le gorille » :

« Qu’une alternative pareille,
un de ces quatre jours, m’échoit,
c’est, j’en suis convaincu, la vieille,
qui sera l’objet de mon choix. »

6. CÉDULER UN APPOINTEMENT
(Là, je fais un doublé.) On dira plutôt : PLANIFIER ou prendre un RENDEZ-VOUS. On utilisait appointement couramment quand j’étais jeune; on l’entend beaucoup moins souvent maintenant.
Aussi, au lieu d’une « cédule », on optera pour CALENDRIER, HORAIRE, PLAN DE TRAVAIL ou ÉCHÉANCIER selon le sens exact que l’on veut décrire.

7. CANCELLER (celui-là, il a la vie dure!)
On ANNULE, on reporte ou on déplace un rendez-vous.

8. PRESCRIPTION ou ORDONNANCE?
En français, l’ordonnance désigne le document sur lequel est inscrite la prescription du médecin. La prescription étant le conseil thérapeutique ou la recommandation. « Quand la prescription est sous forme écrite, il s’agit d’une ordonnance. »1
Aussi, le pharmacien exécute une ordonnance, il ne remplit pas une prescription, autre calque de l’anglais, to fill a prescription.

9. VIA
Je ne vous parle pas de la compagnie ferroviaire, mais de la préposition utilisée dans le sens de « par ». Elle est utilisée en français dans le sens de destination : Nous allons à la Barbade via Toronto. « La préposition s’applique à un lieu et non à un moyen de communication. »1

Mais avec l’arrivée d’internet, on permettrait maintenant l’utilisation dans le sens plus large des communications. Ainsi, « Puisque Internet et le Web (le cyberespace) sont perçus comme des lieux virtuels que l’on visite, dans lesquels on se déplace ou on navigue, on peut alors penser que le seul sens actuellement reconnu en français de via est respecté dans les expressions via Internet, via l’Internet, via le Net et via le Web. Dans les autres cas, il est recommandé d’utiliser la préposition par. »2
Donc, « Nous contacterons nos clients via internet » est admis. Toutefois, il est fautif de l’employer ainsi : « Nous enverrons nos colis via le service postal ».

10.IMPACTER
Je ne sais pas si c’est un anglicisme, ni d’où ça vient, mais je le retrouve souvent dans les textes. Ce verbe inventé n’existe tout simplement pas en français. Vous pouvez AVOIR UN IMPACT sur XYZ ou INFLUENCER quelqu’un, mais vous ne pouvez pas « impacter », ni rien ni personne. Désolée!

Voilà. Je vais tenter de garder l’œil ouvert pour vous trouver d’autres exemples croustillants et alimenter cette chronique! C’est à suivre…

Sources :
1. Multi dictionnaire de la langue française, Marie-Éva de Villers, Éditions Québec Amérique, 2003.
2. Office de la langue française du Québec, www.olfq.com (Le grand dictionnaire terminologique). Une véritable mine d’or!